Inutile de se réunir…

On assiste parfois à une réunion pour laquelle, avant de se prononcer, il faut prendre du recul. Non pas que les sujets évoqués soient trop complexes ou nombreux, mais parce qu’on n’arrive pas à en sortir le plus significatif.

Cela a été le cas après le Conseil Municipal du 11 juin dernier. Certes il est facile d’évoquer plusieurs décisions claires :

– l’annonce des sommes attribuées en subventions aux associations dites « culturelles » ;
– le choix de la banque auprès de laquelle contracter un emprunt pour mieux asseoir la trésorerie de la municipalité ;
– la nomination d’un agent coordonnateur pour former les recenseurs qui effectueront le recensement en 2016;
– l’ajout de parcelles dans le plan de rénovation des rues et du secteur des sanctuaires;
– l’augmentation de 5% des tarifs 2015-2016 pour les cantines et garderies;
– l’annonce des noms des élues pour la fête des Rosières;
– enfin l’annonce que la bibliothèque municipale élargit ses heures d’ouverture, 5 heures de plus en période scolaire, 7 heures pendant les vacances.

Nous reviendrons en détail sur certaines de ces décisions. Mais après mûre réflexion et consultation autour de nous, on préfère mettre l’accent sur un sujet qui finalement sous-tend, à notre avis, l’opacité et le manque de concertation dans la gestion actuelle de Penne d’Agenais.

« Utile, pas utile… »

pas-discussion-2C’est lors d’une question, mis à l’ordre du jour à la demande de Jean-Noël Denis, que la surprise est venue. Il souhaitait en savoir d’avantage sur le fonctionnement des Commissions municipales mises en place et présidées par le Maire; celles de la Population, des Travaux et Voirie, et de l’Economie.

Nous avions déjà évoqué leur mise en place, et le fait que seule, à ce jour,  celle de la Population se soit réunie. Même si les élus de l’opposition qui ont assisté à cette Commission ont eu l’impression que la plupart des sujets avaient déjà été décidés, et qu’il ne leur restait pas grand chose à dire, on doit reconnaître que la Vice-Présidente Mme Maryse Cattoor a eu au moins le mérite de la réunir.

Quant aux deux autres Commissions, dont les attributions – en titre – sont non des moindres, aucune ne s’est réunie – cela près d’un an après leur constitution et après un an de mandature.

C’est à ce moment que le Maire M. Arnaud Devilliers a lâché la remarque, étonnante même pour des membres de sa majorité, mais stupéfiante pour les conseillers de l’opposition et le public dans la salle.

« Dans une petite structure comme la nôtre, les commissions ne sont pas forcément très utiles. Le conseil municipal est suffisant comme lieu de discussion. »

Nous pouvons nous demander si cette tentative d’explication de l’absence de réunion de deux Commissions n’était donnée, au pied levé, que pour se dédouaner ; où était-ce le fond de sa pensée ?

Dans cette dernière hypothèse, tous les administrés, de quelque bord qu’ils soient, peuvent s’en inquiéter. Elle traduit d’une manière flagrante la gestion centralisée des affaires de la commune autour du Maire et de ses principaux collaborateurs. « Vous autres, circulez, vous n’avez rien à dire. »

M. Devilliers a ensuite prétendu que les Conseils municipaux offraient l’occasion aux conseillers de l’opposition, représentants aussi de la population, de s’exprimer. (Une occasion également pour ceux de la majorité, des conseillers qui restent muets la plupart du temps). Mais chacun peut constater que ces conseils ne sont en très grande partie, que des ‘chambres d’enregistrement’ de décisions déjà prises.

Or en principe, les Commissions municipales sont « des lieux d’examen préparatoire des affaires et questions qui doivent être soumises au Conseil Municipal, elles sont des commissions d’étude et de discussion, de partage d’avis, de propositions des uns et des autres… » (extrait d’un texte officiel du Ministère de l’Intérieur).

Or selon M. Arnaud Devilliers les Commissions municipales de Penne d’Agenais « ne sont pas forcément utiles ». (Merci pour le travail de Mme Cattoor !)

Et pour clore cette discussion, quelle n’a été notre grande surprise d’entendre l’adjoint M. Gérard André, Vice-Président de la Commission Travaux et Voirie, annoncer après consultation en direct de ses membres dans la salle, que sa commission allait bien se réunir pour la première fois le 26 juin prochain à 10h. !!

On croit rêver !!

Il restera à M. Bernard Jurquet, VP de la Commission Economie de se prononcer : « Utile, ou pas utile de se réunir ? »

[La Rédaction]

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1 réponse

  1. Jean-Noël DENIS dit :

    Oui, monsieur DEVILLIERS, maire de Penne d’Agenais considère que le travail en commission dans une commune comme la notre est inutile et qu’il est donc normal de ne pas les réunir.

    Monsieur DEVILLIERS démontre encore une fois qu’il considère que son élection lui donne une carte blanche et qu’il peut donc faire ce qu’il veut et ce, en n’oubliant pas ses partisans. C’est sa conception de la gestion de la commune dans l’intérêt général.

    Il sait que le travail en commission conduit comme il se doit, est risqué pour la survie de son mode de gouvernance. En effet le travail en commission doit être un vrai lieu de débat où les questions abordées sont préparées, documentées, les propositions défendues, argumentées et où l’on cherche à convaincre l’autre.

    Je pense que le maire réunit sa majorité pour travailler sur les dossiers mais pas dans le cadre des commissions statutaires. La différence tient en 2 points d’importance :
    – Les conseillers d’opposition ne sont pas invités (à 4, ils représentent presque la moitié de la population !)
    – Je veux bien parier que le débat n’existe pas et que les Conseillers écoutent les décisions que le Maire a prises par ailleurs (seul ou avec d’autres [non élus]) et qu’il présentera au prochain Conseil municipal où ils voteront toutes et tous « comme un seul homme ».

    Je m’étonne, sans remettre en cause le travail qui est fait auprès des jeunes du collège, que monsieur Devilliers se propulse éducateur spécialiste de la « citoyenneté » auprès des collégiens.

    Mais le futur citoyen n’est pas un mouton, monsieur le Maire. Il devra faire valoir ses droits et remplira ses devoirs civils et politiques. Un de ses droits est de ne pas être pris pour un imbécile et un de ses devoirs, de rechercher la vérité (*).

    (*) Voir entre autres, les articles sur l’avenue de la Myre Mory

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